Kékélé

Kékélé

Non ! « la mode n'est pas au retour de l’ancien », comme l’a si bien fait remarquer Sam Mangwana à l’occasion de la sortie de son magnifique album Cantos de esperança le groupe Kékélé occupe désormais le devant de la scène. Kékélé ou la rencontre d’anciens de la musique congolaise, réunis pour un album rumba de toute beauté. A l’image de la chatoyante pochette du disque, Congo life exhale une fraîcheur et une richesse sans pareille et s’impose comme une des bonnes et grandes surprises dans l’univers de la Rumba congolaise
Kekele, c'est la joie de vivre dans la Rumba. L'orchestre a créé un véritable pont entre les différentes générations amoureuses de la musique congolaise.

Une alchimie guitare/voix est le condensé de la rumba gagnant des géniteurs de Kékélé. Il faut

reconnaître l’énorme travail de Syran Mbenza, à la guitare, qui est parvenu, sans renier l’apport des autres fondateurs, à structurer la base rythmique de l’ensemble de la sonorité made « in Kékélé ». Il entraîne avec lui cuivres, claves et congas pour préparer un terreau mélodique où viennent s’enraciner les voix des solistes et des chœurs. Tout semble fluide. Chacun trouve sa place sans avoir l’air de la chercher. Apanage des grands professionnels de la musique qui sentent par expérience le

groove ambiant et s’attachent à sceller l’harmonie de l’instant.

Les concerts de Kékélé permettent de jeter un pont entre l’Afrique et l’Occident et il n’est pas étonnant qu’il soit devenu en très peu de temps un des fleurons dans l’univers de la Rumba.

Les musiciens de Kékélé, même Viviane qui officie à l’accordéon et qui n’a pas vécu dans les pays du bassin du Congo se retrouve dans ses rifs parfaitement à l’aise comme un poisson dans le fleuve Congo. Les « Kékéliens » ne veulent surtout

pas oublier les grandes heures de la rumba congolaise. Kékélé, liane en lingala, imprime sa joie de vivre et créé aussi un véritable pont qui manquait entre les différentes générations amoureuses de la musique congolaise moderne et les occidentaux qui découvrent avec émerveillement cette musique qui fait du bien au

corps et à l’âme.

Célèbre les racines africaines de la rumba cubaine, fidèle à l’esprit raffiné et élégant de la guajira (chanson paysanne) de Portabales teintée du sax de Manu Dibango, le Quincy Jones de la musique congolaise (exemple type : le Bucheron de Franklin Bukaka) Kékélé dans son dernier album « Kinavana » a redoré la production congolaise noircie par la déferlante, hideuse et heureusement éphémère Ndombolo. Ça fait plaisir !